Vendredi 30
mai 2008. J’ai assisté impuissant à la première de ma pièce « Des hommes libres » !… la salle est pleine. Le sort en est jeté. Le
rideau s’ouvre. Les premières répliques tombent. Pas de doute, c’est moi qui est écrit cela. Et dire que le Directeur du Théâtre vient
d’annoncer que nous sommes là pour 1 h 55. Comment ai je pu imager un seul instant que des gens puissent s’ intéresser à mes histoires deux heures durant. ? Il fait chaud dans « la
bonbonnière » du PTV, je dégouline. Je découvre la mise en scène. A aucun moment je n’ai travaillé avec Dominique Freydefont, l’artisan de ce projet. Le premier tableau se déroule un
dimanche après midi à la campagne, une famille joue au Scrabble. Pour toute forme de décor le metteur en scène à installé un cube avec la lettre « L » et trois personnages qui se
jettent une boule de chiffon... J’ai été totalement dingue d’imaginer que ce projet pourrait marcher, que le texte pourrait intéresser quelqu’un et par ailleurs je crois que je suis tombé sur un
fou furieux de metteur de scène... Je n’ai aucune chance d’en sortir vivant. Dire que Jean Claude Martin a annoncé que l’auteur était dans la salle, il voudrait même que l’on anime un débat,
après. Jusque là je croyais que c’était quelqu’un d’autre l’AUTEUR, mais là je réalise. Après, tu parles !… « Capote… » C’était drôle, ça... Personne ne rit. Colson cherche
son texte, Sylvia à attraper le chiffon… Sans succès. Je transpire à grosses gouttes. « Qu’allait il faire dans cette galère !… » Soudain la sanction tombe, définitive. Le
début d’une très mauvaise soirée. La jeune dame blonde se lève, en essayant de ne pas faire crisser le plastique des sièges (D’ailleurs à ce sujet Monsieur Martin, il faudra faire quelque chose
pour vos spectateurs parce que au-delà d’une heure, c’est très moyen. Et puis des chaises en plastique dans un théâtre…) Bien évidemment qu’elle le fait crisser le siège ! Je n’entends que
cela d’ailleurs. Juste avant de disparaitre. 8 minutes de spectacle, une de moins. Un petit calcul rapide méthode moyenne arithmétique m’amène rapidement à une salle vide dans 1h47… Garence fait
son apparition. Sauve moi mon chevalier blanc, toi le pourfendeur des petites vies… Je me laisse aller, un peu. Mes personnages s’incarnent petit à petit devant moi. Daniel, Sylvia, Adrien,
Valentine… Le Commissaire, Marie et Ange. Les comédiens sont vraiment épatants ! Je m'oublie un peu. La mise en scène de Dominique Freydefont est subtile, d’ombres et de lumières, de noir et
de blanc. Il a osé ce que je n’aurai jamais pu. Il a pris le temps d’écouter le texte. Il a de l’audace et du talent. 1H47 plus tard les applaudissements du public se mêlent aux miens. Je
suis bluffé. Les comediens ont l'air heureux de leur travail. J’appris seulement le lendemain que la jeune dame blonde était journaliste et qu’elle était juste là pour « la photo »
du journal…
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